La violence basée sur le genre (VBG) est un grave problème de santé d’envergure internationale qui remet en cause le droit international des droits de l’Homme et les principes d’égalité des sexes. Elle constitue aussi une menace pour la paix durable et la dignité humaine. Les États membres des Nations Unies, reconnaissant que les situations de crise exacerbent le risque de VBG (en particulier pour les femmes et les adolescentes) ont appelé à agir rapidement pour y mettre un terme.

 

La lutte contre la violence à l’égard des femmes demande, en effet, une réponse holistique, indivisible et multisectorielle. A chaque niveau, les mesures prises doivent viser notamment à rendre les femmes plus autonomes, à sensibiliser les hommes, à durcir les sanctions pour les agresseurs et à répondre aux besoins des survivant(e)s.

 

Malgré les efforts consentis par le gouvernement malien avec l’appui de ses partenaires, les données relatives aux VBG collectées lors de l’enquête démographique de santé de 2018 montrent que les résultats escomptés ne sont pas encore à hauteur de souhait. En effet, 45% des femmes de 15-49 ans ont subi des actes de violences physiques ou sexuelles, 89% des femmes de 15-49 ans ont été excisées dont les trois quarts avant l’âge de 5 ans,18% des femmes de 25-49 ans sont en union avant l’âge de 15 ans et cette proportion atteint 53% avant 18 ans. Par ailleurs, l’âge médian aux premiers rapports sexuels chez les femmes est de 16,5 ans tandis que seulement 15% des femmes de 15-49ans utilisent une méthode contraceptive moderne.

 

Pour faire face à ce drame social et sociétal de grande ampleur, le pays a souscrit à tous les traités internationaux et sous régionaux en matière de promotion des droits de la femme. Le Gouvernement du Mali a également élaboré des documents de politique et de plans stratégiques en faveur de la promotion du genre et d’élimination de toutes les formes de violences avec l’appui de ses partenaires dont l’Union Européenne (EU) et les Nations Unies.

Au Mali, la contribution de l’Union Européenne et les Nations Unies se traduit, entre autres, par l’Initiative Spotlight. L’Initiative Spotlight couvre les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et le District de Bamako. Le programme a pour vision une société malienne où les femmes et les filles vivent sans subir une quelconque forme de VBG particulièrement les violences faites aux femmes et filles, les pratiques néfastes et jouissent de leurs droits en santé reproductive. Ce programme repose sur six piliers essentiels que sont :

 

  • L’Amélioration de l’environnement législatif et politique pour qu’il soit conforme aux conventions internationales notamment par le retrait des dispositions discriminatoires la mise en applications des lois existantes et l’adoption de nouvelles lois, politiques et stratégies favorables à la protection et la promotion des droits des femmes et des filles.

 

  • Le renforcement de capacités des institutions nationales en matière d’application de la loi et de planification stratégique visant à mieux intégrer l’élimination des violences faites aux femmes et et aux filles dans leurs stratégies nationales et budgets sectoriels.

 

  • Promotion des normes et valeurs sociales protectrices des femmes et des filles contres les violences, surtout au niveau communautaire et au sein des familles.

 

  • La disponibilité et l’accès aux services de qualités pour une prise en charge holistique et équitable à l’endroit des victimes/survivantes avec une attention particulière portée sur les besoins spécifiques des groupes exposés à des formes de discrimination.

 

  • La disponibilité de données statistiques quantitatives actualisées dans le cadre de l’élaboration des lois et la mise en œuvre des politiques, des stratégies et des programmes en vue de permettre une meilleure lecture et appréciation de l’ampleur et de la gravité du phénomène.

 

Le pilier 4 porte sur le renforcement de la prise en charge holistique des survivantes des VBG et la promotion des droits des femmes et des jeunes filles à la santé reproductive. Cela se passe à travers la disponibilité et l’accès aux services de qualité pour une prise en charge holistique et équitable à l’endroit des survivantes, avec une attention particulière portée sur les besoins spécifiques des groupes exposés à des formes de discrimination. Ces approches innovantes permettent la création d’un environnement institutionnel favorable à la lutte contre toutes les formes de VBG (cadre juridique et politique, coordination et partenariat des acteurs, mobilisation et responsabilisation des communautés).

 

L’atteinte de résultats de ce pilier nécessite la disponibilité des structures d’offre des services et des soins intégrés et de qualité en faveur des survivantes grâce à un guichet unique dénommé « One Stop Center ».

 

Ce pilier dont la Croix – Rouge Malienne en collaboration avec la Croix – Rouge Espagnole est partenaire de mise en œuvre dans la région de Ségou cercles de (San et Ségou) est financé par l’Union Européenne à travers le FNUAP (Fonds des Nations Unies pour la population), et a comme objectif principal : Contribuer à la protection des femmes et des filles et lutter contre les violences faites aux femmes et filles (VFF) y compris les violences sexuelles basées sur le genre (VSBG) et les autres pratiques néfastes de la région de Ségou (Mali).

 

Le projet s’articule autour de 03 axes prioritaires :

  • Formation et renforcement des capacités des autorités régionales pour fournir un service de qualité, avec des normes et des protocoles.
  • Renforcer les OSC et les prestataires de services gouvernementaux pour coordonner et de disposer de mécanismes d’alerte précoce en cas de VFF.
  • Renforcement des femmes et des filles survivantes et de leurs familles pour avoir un soutien et d’accompagnement leur permettant une réinsertion sociale et économique immédiate et durable.

 

Au préalable de la cérémonie certaines activités farés ont été réalisées comme :

  • La réception définitive et les travaux supplémentaires du One Stop Center
  • Equipement du centre
  • Désignation du personnel pour les quatre portes d’entrée (la médicale : agents de l’hôpital médecins gynécologues, sages-femmes, infirmières; la psychosociale : agents du développement social et de la promotion de la femme; la sécuritaire : officiers de police judiciaire et la juridique et judiciaire : tribunaux) par les structures techniques de l’état impliquées dans le fonctionnement,
  • Elaboration des procédures opérationnelles standards (POS)
  • Renforcement des capacités des prestataires sur la prise en charge holistique des conséquences des VBG

La prochaine étape du processus fut la remise officielle des One Stop Center aux autorités administratives et politiques des régions de San et Ségou, organisée à l’hôpital Nianankoro  FOMBA de Ségou le 05 Août 2021, sous la présidence du Gouverneur de la Région de Ségou Contrôleur Général de Police Alassane TRAORE, le représentant du UNHCR représentant son homologue de l’UNFPA, le président du Groupe de Référence de l’Initiative Spotlight, la Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille représentée par la conseillère genre, la Directrice Nationale du PNVBG, les autorités administratives, les collectivités, les services techniques de l’Etat, la Croix-Rouge Malienne niveau nationale et régionale, la délégation de la Croix – Rouge Espagnole ; le staff de l’hôpital, les ONG partenaires et les organisations de la société civile.

Cette cérémonie a été une opportunité de procéder au lancement/inauguration des One Stop Center, d’informer les acteurs, les communautés sur la disponibilité et la gratuité des services complets de prise en charge des cas de VBG selon le protocole national et de plaider auprès des décideurs locaux pour leur engagement accru en faveur du fonctionnement durable du One Stop Center à travers le respect des rôles et responsabilités de chacun des acteurs concernés.

En fin, assurer la visibilité des partenaires techniques et financiers qui soutiennent la mise en œuvre de la stratégie nationale d’offre des services complets axée sur les survivantes à travers le modèle de guichet unique « One Stop Center ». 

Plusieurs allocutions ont marqué ladite journée : Coordinateur des chefs de quartiers de Ségou, Président du groupe de référence, Conseillère genre du ministère de la promotion de la femme de l’enfant et de la famille, Secrétaire Général National de la Croix – Rouge Malienne, représentant résident de l’UNHCR au Mali, Représentant du gouverneur de la région de Ségou.

  • Remise de la plaque signalétique du One Stop Center de San aux autorités administratives
  • Remise des SOP de San et Ségou aux autorités administratives
  • Remise des clés des One Stop Center
  • Coupure du ruban symbolique par la conseillère genre et le représentant de l’UNHCR
  • Visite des locaux du One Stop Center
  • Déballage de la plaque signalétique du One Stop Center de Ségou

 

 

Situation One Stop Center de Ségou et San

 

Ségou : 47 cas prise en charge (11 cas de viol, 19 cas d’agression sexuelle, 16 cas d’agression physique et 01 cas de violence psychologique/émotionnelle). 03 dossiers au niveau de la justice.

 

San : 28 cas prise en charge (08 cas de viol, 02 cas d’agression sexuelle, 16 cas d’agression physique et 02 cas de violence psychologique/émotionnelle). 01 dossiers au niveau de la justice.

Nbre total de cas prise en charge San et Ségou à travers le One Stop Center sont : 75 cas prise en charge (19 cas de viol, 21 cas d’agression sexuelle, 32 cas d’agression physique et 03 cas de violence psychologique/émotionnelle). 04 dossiers au niveau de la justice.

 

L’effectivité de la prise en charge holistique des cas de survivantes à Ségou a commencé depuis Novembre 2020 et pour San cette activité a débuté en Juillet 2021.