Un séminaire régional sur les transferts monétaires intitulé « enjeux et tendance des transferts monétaires, quel positionnement stratégique pour les sociétés nationales du sahel ? » s’est tenu le vendredi 6 et samedi 7 juillet au grand hôtel de Bamako. La session s’inscrit dans le cadre du programme de préparation aux transferts monétaires mis en œuvre par les Croix-Rouge du Burkina, Niger et Mali en partenariat technique et financier avec la Croix-Rouge belge et la Croix-Rouge britannique.
La rencontre s’est attelée à mettre à jour les tendances et stratégies des transferts monétaires au sein du Mouvement Croix-Rouge et permettre aux décideurs des sociétés nationales de se positionner sur les enjeux stratégiques liés aux transferts monétaires dans la région .Il s’agissait aussi de donner aux décideurs de ces sociétés nationales , des élément de plaidoyer auprès de leurs partenaires et bailleurs de fonds pour le financement des transferts monétaires et faire des réflexions autour des procédures opérationnelles normalisées.
Le président de la Croix-Rouge Malienne Dr Abdourahamane Cissé, qui a présidé la cérémonie d’ouverture a déclaré que ce séminaire revêtait une importance capitale parce qu’elle envisage une transition dans les interventions envers les populations vulnérables en matière de relèvement et de développement. Il a souligné que le monde humanitaire et en particulier le réseau humanitaire de la Croix-Rouge est en constante évolution, c’est-à-dire toujours à la recherche de solutions efficaces et qualitatives pour soulager les populations affectées. Ces dernières années, le monde humanitaire a capitalisé un certain nombre d’expériences comme alternatives aux distributions en nature dans lesquelles les populations reçoivent une aide monétaire ou en coupons qu’elles utilisent pour l’acquisition de ce dont elles ont besoin.
Le responsable de la CRM a précisé que la tendance globale semble se dessiner pour cette alternative même si des études évoquent un taux d’utilisation estimé à 10%. Il a rappelé que lors du sommet humanitaire qui s’est tenu en 2016 à Istanbul, le mouvement s’est engagé a augmenté le recours aux transferts monétaires. La fédération internationale des sociétés de Croix-Rouge et de Croissant-Rouge (FICR) a inscrit dans sa feuille de route pour les transferts monétaires, l’engagement d’avoir 50% de son assistance délivrée via cette modalité.
Cet engagement suit la direction prise par le secteur humanitaire, ces dernières années, ou les transferts monétaires sont considérés non plus comme une modalité innovante marginale mais comme un outil d’intervention standard, au même titre que les distributions en nature ou l’appui aux services précise-t-il. Ils sont en passe de devenir un outil par défaut pour certains acteurs majeurs du secteur.
Ce séminaire a permis donc de convenir sur les enjeux, les tendances du transfert monétaire ainsi que le positionnement stratégique que nos différentes sociétés nationales du sahel prendront dans le cadre d’une réponse humanitaire d’urgence adaptée. Il est établi que cette approche est autant une opportunité qu’un défi à relever. Le directeur des transferts monétaires britannique, David Pépiat, a soutenu que les transferts monétaires sont plus efficaces et efficientes pour les bénéficiaires. Pour cela, il estime qu’il faut envisager d’être prêt pour les transferts monétaires. Pour lui, c’est une stratégie claire pour le développement du sahel.

Fatoumata Napho

Essor